Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /Nov /2008 22:32

Mensonges d'état, de Rydley Scott, avec Leonardo DiCaprio, Russel Crowe

Avec un titre pareil, on pouvait redouter un énième gros film hollywoodien qui tâche avec explosions en rafales, scénario primaire et sous-dialogues indigents (un peu ce qu’on avait eu dans l’oubliable Détention secrète). Mais bonne surprise, Rydley Scott n’est quand même pas le premier venu et réussit à trouver le bon équilibre entre film d’action à grand spectacle et critique masquée de la politique américaine au proche-orient.

Le plaisir vient d’abord, c’est vrai, de l’efficacité de la mise en scène : scénario très lisible sans être stupide, sens du rythme et du suspens, scène de rues réalistes dans les pays arabes, et surtout duo d’acteurs excellents. Leonardo DiCaprio confirme son aisance dans les films d’action « politiques » (après Blood Diamond ou même Les infiltrés), et Russel Crowe fait une nouvelle fois une performance « lourde » (il a pris 20 kg) dans le rôle plutôt ingrat d’un chef de la CIA cynique à souhait qui manipule son agent sur le terrain à la poursuite d’un clone de Ben Laden.

 

Si on lit entre les lignes du patriotisme bon teint, les USA n’apparaissent pas sous leur meilleur jour : arrogance des services secrets vis-à-vis de leurs alliés jordaniens, fin qui justifie les moyens… Faire  réfléchir un peu dans un film d’action grand public bien construit: c’est déjà une réussite à saluer !



Publié dans : Pas mal
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 23:18

La Très très grande entreprise, de Pierre Jolivet, avec Roschdy Zem, Marie Gillain, Jean-Paul Rouve, Adrien Jolivet

Sympathique mais caricatural, le nouveau film de Pierre Jolivet tente de dénoncer les agissements douteux d’une multinationale « polluante » par le biais d’une charmante comédie douce amère.

Mais la comédie est plus réussie que la dénonciation! Les quatre acteurs principaux font en effet beaucoup pour sauver un scénario qui a du mal à décoller (exposition lapidaire, rebondissements faibles) : complices, drôles et touchants, ils forcent l’indulgence pour un scénario qui patine un peu et qui trace à gros traits un message trop formaté pour être percutant.

Certes des multinationales sont parfois coupables de négligences, de cynisme et d’atteintes morales à la collectivité, mais de là à jeter l’opprobre sur le « privé » en général et à dépeindre les dirigeants en pantins impitoyables, il y a un manque de nuance qui discrédite un propos qui se voulait sans doute sincère et qui aurait mérité un traitement un peu plus subtil. Dommage.



Publié dans : Bof
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 22:18

Mesrine : L'instinct de mort, de Jean-François Richet, avec Vincent Cassel

Certes cette histoire est réelle : celle de Mesrine, ce gangster «old fashion » qui a embrasé l’imaginaire collectif dans les années 70 et mis sur les dents toutes les polices du pays. Mais le plaisir procuré par le film doit sans doute plus à sa facture à l’ancienne (un bon vieux film de voyou magnifique) qu’à la reconstitution historique.

Mêlant les références avec brio dans une mise en scène musclée, du polar français classique (les Belmondo-Delon des mêmes années 70) aux « mafia-stories » baroques d’un Scorsese, en passant par le film d’évasion (remis au goût du jour avec la série Prison break), ce premier épisode se déguste d’abord comme une super série B à fort potentiel dramatique.

Vincent Cassel est indéniablement un des meilleurs atouts du film. Jouant de son inquiétante animalité naturelle, il utilise une large palette pour incarner les différentes facettes du personnage : roublardise culotée, violence incontrôlable, sadisme latent, sens de l’honneur « à l’ancienne » , égo surdimensionné, difficile de résister à un tel rôle ! Et à un casting haut de gamme : Depardieu (excellent en parrain de seconde zone), Cécile de France, Michel Duchaussoy…

On connaît la fin, mais on ira quand même voir le deuxième volet en novembre, pour le plaisir régressif d’un cinoche direct et percutant.



Publié dans : Bien
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /Oct /2008 21:01

Entre les murs, de Laurent Cantet, avec François Bégaudeau

Etonnante réussite que ce film qui nous plonge en quasi huis-clos dans le chaudron d’une classe de 4ème d’un collège difficile ! Reprenant la méthode qui avait fait le succès de Ressources humaines (traiter d’un sujet social en mêlant beaucoup d’acteurs amateurs issus une situation similaire à quelques comédiens professionnels), Laurent Cantet atteint l’équilibre presque parfait entre scénario très écrit, improvisations géniales et réalisme documentaire.

Happés par la tension psychologique, voire physique, qui se dégage d’une banale classe de collège, nous sommes précipités dans les contradictions et les ambitions presque prométhéennes qui consistent à demander à un prof d’assumer la mission protéiforme d’éducateur, de formateur, de pygmalion, de parent, de moralisateur, bref de substitut à toutes les béances de la famille ou de la société en banlieues ghettoïsées.

 

Comment intéresser des jeunes acculturés, et rebelles à toute autorité, à la littérature ou à l’imparfait du subjonctif ? Comment leur donner envie d’apprendre, de comprendre, de dépasser leur horizon bouché ? C’est ce que se demande François Bégaudeau, prof écrivain interprétant ici son propre rôle. Doué d’un indéniable charisme qui perce l’écran, il n’assène pas de certitudes : lui aussi doute, reprend tout à zéro presque à chaque cours, arrache des moments de bonheur lorsque les ados sont accrochés et progressent, et se plante complètement lorsqu’un mot maladroit lui échappe en entraînanr un micro-drame dans la classe. Comme lui, nous oscillons entre espoir, découragement, tendresse et révolte pour des jeunes sans repères.

 

Les ados, tous amateurs, font également beaucoup pour la réussite du film. Confondants de naturel et de conviction, ils incarnent certes des archétypes (le black bagarreur, la grande gueule futée, l’introverti travailleur, etc.) mais les rendent totalement plausibles et réels.

 

Bien sûr on pourra trouver parfois le film un peu idéaliste ou à la limite du caricatural, mais l’ensemble reste époustouflant de justesse et présente sans détour, avec des doses mesurées d’humour, d’émotion, d’optimisme et de pessimisme, le défi titanesque qui se présente à l’éducation, à notre société et plus généralement à la possibilité future de « vivre ensemble » sur la base de références communes.



Publié dans : Coup de coeur
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /Oct /2008 00:27

La frontière de l'aube, de Philippe Garrel, avec Laura Smet et Louis Garrel

Si vous n’aimez pas les « films d’auteurs », ce film n’est pas pour vous. Philippe Garrel offre en effet ici un exemple assez radical d’œuvre poétique et profondément personnelle qui séduira les uns ou agacera les autres.

La forme, en premier lieu, assume son coté suranné et « nouvelle vague », avec un magnifique noir et blanc à gros grains, des transitions elliptiques et des plans au plus près des visages et des corps. L’histoire, elle, tient en quelques lignes. Enième variation sur les affres de la passion (entre un jeune photographe timide et une actrice), sur la peur de l’engagement et l’amour impossible, le récit progresse vers une issue surprenante et tragique où le fantôme de la femme disparue (apparaissant dans de beaux trucages à la Méliès) entraîne son ancien amant vers la mort.

Ce côté fantastique à la Cocteau peut dérouter mais offre une belle échappée poétique à un scénario qui aurait pu se cantonner à un réalisme plus sec. Poésie renforcée par les comédiens, dont la beauté rend le film véritablement hypnotique : la présence terriblement cinégénique de Laura Smet et de Louis Garrel ne peut que fasciner et transforme certaines scène en œuvres d’art.

Lenteur revendiquée, formalisme anachronique, romantisme mystique : un parti pris ambitieux et esthétiquement superbe.



Publié dans : Pas mal
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus